Mon article pour Les Echos

En décembre 2019, suite au lancement du projet Wilo, le journal Les Echos m’invite à écrire un article pour leur numéro spécial les Engagés.

Voici la reproduction de cet article publié le 1er décembre 2019.

Les consom’acteurs veulent des produ’acteurs

Nos objets du quotidien sont les emblèmes de notre manière de vivre : la basket, fabriquée à l’étranger, en plastique et jetable, est le parfait symbole de la mondialisation, de la pétrolification et du consumérisme de notre époque. Une logique que les marques doivent faire évoluer.

415 millions de paires de chaussures sont achetées chaque année en France. Les françaises sont même les championnes d’Europe, avec environ 6 paires achetées par an par personne. Côté production, 90 % des chaussures vendues dans le monde sont produites en Asie. Seulement 6 % de la production globale est fabriquée en Europe, dont moins de 0,1% en France.

En l’espace de quelques décennies, le plastique est devenu la matière première numéro un du secteur de la chaussure comme de la mode en général : EVA, polyester, polyuréthane, polyamide, élasthanne… derrière un marketing bien huilé, il a envahi notre quotidien, non sans conséquences sur notre environnement comme notre santé.  

A cause de cette utilisation massive, nous en ingérons plus de 5 grammes par personne et par semaine, soit l’équivalent du poids d’une carte de crédit, avec des conséquences sur notre santé plus qu’hasardeuses.

Ajouté au réchauffement climatique et aux questions éthiques de production, la pilule est de plus en plus dure à avaler pour le consommateur en quête d’achat responsable. 

Réservoir d’innovation
En opposition, le consommateur est de plus en plus consam’acteur : il scanne les produits avec son smartphone, note les marques sur internet, et vote avec sa carte bleue. Il est aussi désireux de participer à la création de nouveaux produits répondant mieux à ses aspirations environnementales et sociétales.

Face à ce bouleversement, les marques doivent s’adapter. Elles doivent proposer à travers leurs innovations, non seulement un produit plus durable, mais un nouveau modèle économique, une nouvelle vision de Société en phase avec les attentes actuelles. En un sens, à l’instar des consomm’acteurs auquelles elles s’adressent, devenir produ’acteurs leur tour. 

La France, de par son passé industriel et artisanal riche, dispose d’un formidable réservoir d’innovations répondant aux demandes de transparence et aux exigences de « mieux mais moins » des consommateurs. 

Le défi environnemental est une vraie opportunité pour se réapproprier des savoir-faire locaux sur le point de disparaitre, rediversifier et redynamiser les tissus économiques régionaux.

Les réseaux sociaux et le crowdfunding de fabuleux leviers pour multiplier les initiatives innovantes et accélérer les mises sur le marché. Egalement des outils inespérés pour instaurer un dialogue entre les marques et consommateurs, sortir de la caricature de l’industriel qui abuse de l’ignorance du consommateur, afin de construire ensemble de nouveaux équilibres, de nouvelles solutions. 

L’enjeu de transformation est collectif, et ce n’est à travers une dynamique collective que nous réinventerons notre manière de produire et consommer, ferons émerger un nouveau style de vie durable.   »

David Chapon, crayonné par Les Echos.

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