Coronavirus : le retour d’Homo Sapiens

Introduction à la série d’article « Le Monde d’Après ».

La crise épidémique actuelle cristallise la rencontre de deux plaques tectoniques : celle de l’individu Homo Sapiens mortel, et celle de l’Homo Economicus, agent idéal du Progrès et variable d’ajustement d’un système économique moderne et global. 

Plus que jamais, la pandémie actuelle renvoie chacun de nous à notre état d’Homo Sapiens, d’être humain, à notre corps si singulier et si concret qui est le nôtre, et aux conditions les plus essentielles de nos existences.

Au cours des dernières décennies, en façonnant le monde moderne que nous connaissons, nous avons oublié que le monde que nous créions nous façonnait aussi. 

En étendant notre monde selon les lois de l’économie et de l’ultralibéralisme, notre monde nous a éloigné de nous-même, et de ce qui faisait notre humanité. 

Les choix faits par les gouvernements occidentaux, de « sacrifier » une partie de la population pour la sauvegarde et la compétitivité des économies, selon à peu près les mêmes stratégies, sont les conséquences de ce système et ce mode de pensée structurant, qui à vrai dire ne nous laissent guère la place pour faire autrement.

Face à la crise sanitaire, les directives de la pensée Economicus qui nous gouverne, car nous l’avons créée et élue, sont incompréhensibles pour l’Homo Sapiens individu jouant sa vie : confinez-vous, mais allez travaillez, en est une illustration frappante.

La difficulté des nations depuis des décennies à prioriser la sauvegarde des biens communs en souffrance, des hôpitaux en passant par l’environnement, démontre les limites du modèle que nous connaissons.

La crise des Gilets Jaunes, marquait déjà le déchirement entre la chaire sapiens et la pensée economicus.

L’incapacité des entreprises à pallier la faillite des gouvernements sur les plans environnementaux et sociétaux, creusait une plaie impossible à panser.

La perte de sens était déjà présente dans les jeunes générations, partant en burn-ou bore-out, à l’autre bout du monde ou faire des métiers d’artisans, parfois en dépit de leurs CDI de cadre en multinationales.

Nos individualités sont extrêmement liées à celles des autres et à notre environnement. Les équilibres de nos systèmes de coopérations sont extrêmement complexes, dynamiques et mouvants.

Mais se cacher derrière la complexité est souvent la première excuse pour ne pas agir, et continuer de faire comme avant. 

J’aimerais profiter de cette période de confinement, pour démontrer pourquoi le modèle actuel progressiste était parvenu à bout de souffle avant même que cette crise le frappe de plein fouet, afin de réfléchir à la manière d’envisager le monde d’après.

J’aimerais expliciter les atteintes d’Economicus sur Homo Sapiens individu, afin de redéfinir notre modèle de société, notre philosophie de coopération.

Comprendre pour agir, voilà justement ce dont à besoin notre Homo Economicus pour se rapprocher de Sapiens, et retrouver avec lui un nouvel équilibre.

Je publierai dans les prochaines semaines des articles autour du thème « Le Monde d’Après », afin de défendre une approche environnementaliste de notre société, et tenter de trouver dans cette crise l’opportunité d’un mieux vivre ensemble.

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